En scrollant sur Instagram, je suis tombé sur un gars qui montrait son portefeuille boursier. Sept chiffres. Bien tranquille, bien sûr de lui, il expliquait sa stratégie comme si c’était la chose la plus naturelle du monde.
Pendant ce temps, moi, dans mon lit, avec mes placements bien loin de ce résultat-là, j’ai senti un petit pincement.
Tu sais, celui qui te dit que t’es en retard. Celui qui compare ta réalité à trois heures du matin à son highlight reel filmé en pleine lumière.
On compare notre coulisse à leur spectacle
C’est justement ça, le problème. En fait, le gars au portefeuille à sept chiffres, il t’a jamais montré ses années de chapitre 3, 4 ou 5. Il t’a pas montré les fois où il a paniqué en voyant son compte descendre, ni les décisions négatives qu’il a prises par manque d’information, ni les mois où il a rien mis de côté parce que la vie a passé la facture avant lui. Autrement dit, il t’a montré le sommet, pas la côte.
Pareil pour la fille qui a fini de payer sa maison. Pareil aussi pour le couple qui prend sa retraite à 45 ans. Ce que tu vois, finalement, c’est un chapitre choisi, édité, publié parce que c’est celui qui donne le goût de continuer à suivre le compte.
Or, personne filme son chapitre 3 en story. On filme plutôt le highlight reel, une fois rendu où on voulait être.
Bref, le problème, c’est que tu compares ton brouillon au produit fini de quelqu’un d’autre. Non pas parce que t’es en retard, mais parce que tu compares deux choses qui, en réalité, se comparent pas.
Chaque histoire financière a son propre tempo
Je le dis souvent : compose ta vie, note par note. Ce n’est pas juste une belle phrase pour un post Facebook, c’est vraiment de même que ça marche. Par exemple, une chanson qui commence trop vite, sans ses premières mesures, ça sonne faux. De la même façon, ton chapitre 3 n’a rien à voir avec le chapitre 20 de l’autre. C’est simplement là où t’es rendu dans ta propre partition.
Le gars avec le portefeuille à sept chiffres a probablement commencé dix, quinze ans avant toi. Il a peut-être aussi eu un revenu de départ différent, une situation familiale différente, une tolérance au risque différente.
Par conséquent, comparer ta progression à la sienne, c’est comparer deux histoires qui n’ont ni la même longueur, ni le même point de départ, ni les mêmes limites.
Ta seule vraie mesure, en fin de compte, c’est toi il y a six mois. Toi il y a un an. Est-ce que tu avances, même tranquillement? Est-ce que t’as mis quelque chose de côté ce mois-ci que t’avais pas mis le mois passé? Voilà le seul chapitre qui vaut la peine d’être comparé au tien.
C’est d’ailleurs pour cela que je te recommande de calculer ta valeur nette.
Ce que ça change concrètement
Évidemment, ça ne change pas la nécessité de te former, de bâtir un budget, d’ouvrir un CELI ou un REER, de comprendre où va ton argent. Ça, il faut le faire, peu importe le chapitre où t’es rendu.
Par contre, ça change la manière dont tu te regardes en train de le faire. Alors, arrête de te punir parce que t’as pas encore de FNB à dividendes qui te génère un revenu passif. Arrête aussi de te sentir en retard parce que ton REER n’a pas encore six chiffres. En réalité, t’es en train d’écrire ta prochaine ligne, et c’est déjà ça, la job.
Arrête de comparer ton chapitre 3 au chapitre 20 de quelqu’un d’autre
Et honnêtement, le jour où tu vas être rendu à ton chapitre 15, il y aura quelqu’un d’autre qui va te regarder et se sentir en retard sur toi. Ainsi va la roue pour tout le monde. Finalement, le seul move intelligent, c’est de rester concentré sur ta propre partition.