Il y a quelques semaines, j’étais en train de scroller Instagram, probablement à un moment où j’aurais dû faire autre chose, genre dormir.
Je suis tombé sur un gars qui montrait son portefeuille boursier. Sept chiffres. Bien tranquille, bien sûr de lui, en train d’expliquer sa stratégie comme si c’était la chose la plus naturelle du monde.
Et moi, dans mon lit, avec mes placements sont loin de ce résultat, j’ai senti un petit pincement.
Tu sais, celui qui te dit t’es en retard. Celui qui compare ta réalité à trois heures du matin à son highlight reel filmé en pleine lumière.
On compare notre coulisse à leur spectacle
C’est ça, le problème. Le gars au portefeuille à sept chiffres, il t’a pas montré ses années de chapitre 3, 4, 5. Il t’a pas montré les fois où il a paniqué en voyant son compte descendre, les décisions négatives qu’il a prises par manque d’information, les mois où il a rien mis de côté parce que la vie a passé la facture avant lui. Il t’a montré le sommet. Pas la côte.
Pareil pour la fille qui a fini de payer sa maison, pareil pour le couple qui prend sa retraite à 45 ans. Ce que tu vois, c’est un chapitre choisi, édité, publié parce que c’est celui qui donne le goût de continuer à suivre le compte.
Personne filme son chapitre 3 en story. On filme le highlight reel une fois rendu où on voulait être.
Le problème, c’est que quand tu compares ton brouillon au produit fini de quelqu’un d’autre. Pas parce que t’es en retard. Parce que tu compares deux choses qui se comparent pas.
Chaque histoire financière a son propre tempo
Je le dis souvent : compose ta vie, note par note. C’est pas juste une belle phrase pour un post Facebook, c’est vraiment de même que ça marche. Une chanson qui commence trop vite, sans ses premières mesures, ça sonne faux. Ton chapitre 3, c’est pas un retard sur le chapitre 20 de l’autre. C’est juste où t’es rendu dans ta propre partition.
Le gars avec le portefeuille boursier à sept chiffres a probablement commencé dix, quinze ans avant toi. Il a peut-être eu un revenu de départ différent, une situation familiale différente, une tolérance au risque différente.
Comparer votre progression, c’est comparer deux histoires qui ont pas la même longueur, pas le même point de départ, pas les mêmes contraintes.
Ta seule vraie mesure, c’est toi il y a six mois. Toi il y a un an. Est-ce que tu avances, même tranquillement? Est-ce que t’as mis quelque chose de côté ce mois-ci que t’avais pas mis le mois passé? C’est ça, le seul chapitre qui compte à comparer au tien.
C’est pour cela que je te recommande de faire ta valeur nette.
Ce que ça change concrètement
Ça change pas la nécessité de te former, de bâtir un budget, d’ouvrir un CELI ou un REER, de comprendre où va ton argent. Ça, faut le faire, peu importe le chapitre où t’es rendu.
Mais ça change la manière dont tu te regardes en train de le faire. Arrête de te punir parce que t’as pas encore de FNB à dividendes qui te génère un revenu passif. Arrête de te sentir en retard parce que ton REER a pas encore six chiffres. T’es en train d’écrire ta prochaine ligne. C’est déjà ça, la job.
Et honnêtement, le jour où tu vas être rendu à ton chapitre 15, y’a quelqu’un d’autre qui va te regarder et se sentir en retard sur toi. La roue tourne pour tout le monde. Le seul move intelligent, c’est de rester concentré sur ta propre partition.