Bourse

Comment investir en bourse au Canada (REER, CELI, FNB) : le guide complet

Investir en bourse, ça consiste à acheter des actions, des FNB (fonds négociés en bourse), des obligations ou même des matières premières, en passant par un courtier et à travers un compte enregistré comme le REER, le CELI ou le CELIAPP ou un compte non-enregistré si t’as maximisé les autres.

Le but : faire fructifier ton capital sur le long terme.

Historiquement, les grands indices boursiers nord-américains ont livré un rendement annuel moyen qui tourne autour de 7 à 10 % selon la période et l’indice mesuré, avec des creux et des sommets qui donnent parfois mal au cœur en cours de route.

Ce guide passe en revue les comptes fiscaux disponibles ici, les classes d’actifs, et les bonnes pratiques pour bien commencer, peu importe où tu pars.

Pour investir en bourse au Canada : ouvre d’abord un compte enregistré qui correspond à ta situation (CELI si tu veux de la flexibilité et une croissance à l’abri de l’impôt, REER si tu veux réduire ton revenu imposable en vue de la retraite, CELIAPP si tu économises pour une première maison).

Choisis ensuite ta classe d’actifs. Les FNB indiciels si tu veux une gestion simple et diversifiée, les actions individuelles si tu veux du stock-picking, les obligations si tu cherches de la stabilité. Commence avec un montant qui respecte ta tolérance au risque, diversifie, et pense long terme.

Les bases à connaître avant de te lancer

La bourse

La bourse, c’est un marché, aujourd’hui presque entièrement numérique où s’échangent des actions d’entreprises cotées. Chaque grande économie a la sienne :

PaysMarché principal
CanadaBourse de Toronto (TSX)
États-UnisNYSE, NASDAQ
Royaume-UniLondon Stock Exchange
Europe (zone euro)Euronext
JaponNikkei, TOPIX
ChineBourse de Shanghai

Les investisseurs canadiens ont un accès direct aux deux marchés à la fois : la plupart des courtiers d’ici te laissent négocier autant à la Bourse de Toronto qu’aux bourses américaines, sans étape supplémentaire.

Le courtier

Le courtier, c’est l’intermédiaire obligé pour acheter ou vendre des titres. Au Canada, t’as le choix entre trois grandes familles : les courtiers en ligne à faibles frais (Wealthsimple, Questrade), les courtiers rattachés aux grandes banques (Placements directs RBC, Ligne d’action BMO, Courtage direct TD, Desjardins Courtage en ligne, Courtage direct Banque Nationale), et les conseillers en gestion de patrimoine traditionnels, qui offrent un accompagnement personnalisé moyennant des frais plus élevés.

D’ailleurs, si tu souhaites d’inscrire à Wealthsimple, j’ai un lien de parrainage qui t’offre 25$ lors de l’inscription via

Les actions

Une action, c’est une part du capital d’une entreprise cotée. Quand t’en achètes une, tu deviens actionnaire donc copropriétaire, à ta petite échelle, de cette entreprise. Plus t’en détiens, plus ta part grossit, et tu peux t’enrichir de deux façons : en touchant des dividendes (si l’entreprise en verse), ou en revendant tes actions plus cher que tu les as payées.

Petit rappel qui fait souvent sourciller : les dividendes et les gains en capital sont imposables, sauf s’ils sont logés dans un compte enregistré comme le CELI ou le REER.

Les obligations

Une obligation, c’est une reconnaissance de dette émise par une entreprise ou un gouvernement. En l’achetant, tu prêtes essentiellement ton argent, et en retour, tu touches des intérêts (des coupons) jusqu’à l’échéance, où le capital te revient.

Contrairement à l’action, l’obligation ne te donne aucun droit de propriété, pas de dividende, pas de droit de vote. Elle est généralement considérée moins volatile, mais son rendement suit la même logique : moins de risque, moins de potentiel.

 Les indices boursiers

Un indice regroupe les titres les plus représentatifs d’un marché ou d’un secteur, histoire de suivre sa performance d’un coup d’œil. Les incontournables :

  • Le S&P/TSX composé (Canada)
  • Le S&P 500, le NASDAQ et le Dow Jones (États-Unis)
  • Le FTSE 100 (Royaume-Uni)
  • Le Nikkei 225 (Japon)

Le premier appel public à l’épargne (PAPE)

Quand une entreprise privée décide de devenir publique, elle procède à un PAPE (ce qu’on appelle un IPO en anglais) : elle met une partie de ses actions en vente sur une place boursière. C’est à ce moment que le grand public peut en devenir actionnaire pour la première fois.

Pourquoi investir en bourse?

Investir en bourse, c’est participer directement au financement des entreprises et, par extension, de l’économie. Quand tu achètes des actions, ton argent contribue à leur croissance et en retour, tu profites (en théorie) du rendement qu’elles génèrent.

C’est aussi une des façons les plus efficaces historiquement de faire croître un capital sur le long terme, à condition d’accepter que le chemin n’est jamais une ligne droite. Les marchés montent, redescendent, et personne ne peut prédire le prochain mouvement à court terme. Les produits dérivés et l’effet de levier peuvent amplifier les pertes bien au-delà de la mise de départ. Ce n’est clairement pas une avenue à considérer pour bâtir un patrimoine de façon stable.

Le rendement moyen des actions dans le temps

Sur de très longues périodes, les actions nord-américaines ont livré un rendement annuel moyen qui se situe généralement entre 7 et 10 %, dividendes réinvestis, selon l’indice et la fenêtre de temps observée. 

Voici pourquoi réinvestir les dividendes change vraiment la donne, avec un exemple simplifié :

Année 1 : tu investis 1 000 $ dans une action à 10 $. Tu détiens 100 titres.

Année 2 : l’entreprise verse un dividende de 0,50 $ par action. Tu touches 50 $, que tu réinvestis pour acheter 5 titres de plus. Le prix reste stable à 10 $, tu détiens maintenant 105 titres.

Année 3 : même dividende, mais cette fois sur 105 titres, donc 52,50 $. 5 % de plus que l’année précédente, sans avoir sorti un sou de plus de ta poche.

Répète ce mécanisme pendant 30 ans, et tu te retrouves avec plusieurs fois ta mise initiale, uniquement grâce aux intérêts composés et ça, c’est avant même de tenir compte de l’appréciation du prix de l’action elle-même.

Un placement pensé pour le long terme

Investir en bourse n’est pas le réflexe naturel de tout le monde, souvent parce que ça semble compliqué quand on n’a jamais mis les pieds dans le domaine. Pourtant, comparé à l’immobilier ou aux comptes d’épargne à intérêt élevé, le rendement des actions sur le long terme reste difficile à battre.

Vois-le comme un outil pour concrétiser des projets de vie : la retraite, les études des enfants, un premier achat immobilier. Tu peux devenir actionnaire avec quelques dollars, et plus tu commences tôt, plus les intérêts composés ont de temps pour travailler pour toi.

Comment investir en bourse, concrètement?

  • 1. N’investis que l’argent que t’es prêt à perdre

Le rendement peut être attrayant, mais l’investissement en bourse reste un placement à risque : les marchés peuvent aussi baisser, et une perte en capital ne devrait jamais compromettre ton niveau de vie. Ajuste ton exposition aux actions selon ton profil de risque, ton horizon de placement et tes objectifs réels.

  • 2. Forme-toi avant de te lancer

Comprendre les bases avant d’investir, c’est non négociable. Prends le temps de lire, de suivre l’actualité économique, et de comprendre un minimum la psychologie des investisseurs, parce que la plus grande menace pour ton portefeuille, souvent, c’est ta propre réaction en période de baisse.

Les comptes enregistrés à connaître au Canada

C’est ici que le contexte canadien change vraiment la game par rapport à ce que tu lis souvent sur des sites français ou américains :

Le CELI (compte d’épargne libre d’impôt) te permet de faire fructifier ton argent à l’abri de l’impôt, avec des retraits libres en tout temps et sans conséquence fiscale. La flexibilité par excellence.

Le REER (régime enregistré d’épargne-retraite) réduit ton revenu imposable l’année de la cotisation, mais l’impôt est différé au moment du retrait, généralement à la retraite quand ton taux d’imposition est plus bas.

Le CELIAPP (compte d’épargne libre d’impôt pour l’achat d’une première propriété) combine les avantages des deux premiers pour ceux qui économisent en vue d’un premier achat immobilier.

Le CRI (compte de retraite immobilisé) reçoit généralement des sommes transférées d’un régime de retraite d’employeur. Les règles de retrait y sont plus encadrées.

Et une fois ces comptes enregistrés maximisés, le compte non enregistré prend le relais, sans plafond de cotisation, mais sans les avantages fiscaux des précédents.

Le choix du bon compte dépend de ta situation : revenu, horizon de placement, et ce pour quoi tu économises. Dans le doute, un planificateur financier ou un conseiller peut t’aider à y voir clair, et ce guide ne remplace pas ce genre de conseil personnalisé.

Les différents produits financiers pour investir

 Les actions individuelles

Acheter des actions en direct, c’est faire du stock-picking : tu choisis toi-même les entreprises dans lesquelles investir, sans passer par un fonds ou un tracker. C’est chronophage, et statistiquement difficile à faire mieux qu’un indice large sur le long terme, à moins d’y consacrer énormément de temps et d’énergie. La plupart des études montrent que la gestion indicielle (les FNB) surperforme la majorité des stratégies de sélection de titres individuels sur des horizons longs.

 Les FNB (fonds négociés en bourse)

Les FNB répliquent la performance d’un indice, le S&P/TSX, le S&P 500, ou même un panier mondial d’actions, en un seul achat. C’est la gestion passive par excellence : tu profites de la performance globale d’un marché sans devoir suivre chaque entreprise individuellement. Les grands fournisseurs canadiens (Vanguard Canada, iShares, BMO) offrent des FNB tout-en-un largement diversifiés, souvent le point de départ le plus simple et le moins énergivore pour un nouvel investisseur.

Les matières premières

Moins spontané comme réflexe, mais investir dans les matières premières (pétrole, or, cuivre, produits agricoles) reste une façon de diversifier et de participer à des secteurs bien concrets de l’économie. La plupart des courtiers en ligne permettent d’y accéder via des FNB spécialisés plutôt que par l’achat direct de la matière elle-même.

Les obligations

Les obligations sont généralement considérées comme moins risquées que les actions, notamment parce qu’elles sont moins volatiles et que les créanciers passent avant les actionnaires en cas de défaut. Elles se comportent souvent différemment des actions en période de crise, ce qui en fait un bon outil de diversification. Avant d’investir, ça vaut la peine de regarder la cote de crédit de l’émetteur (attribuée par des agences comme Standard & Poor’s, Moody’s ou Fitch) pour évaluer le risque réel.


En espérant que ce contenu pourra te faire un peu plus comprendre la bourse. Je tiens aussi à déposer un avertissement.

L’investissement comporte un risque de perte en capital, partielle ou totale. Les performances passées ne garantissent pas les performances futures. Ce texte est informatif et pédagogique. Ce n’est ni un conseil en placement personnalisé, ni une recommandation d’achat ou de vente, ni un conseil fiscal.

Avant d’investir, informe-toi auprès d’un représentant ou d’un planificateur financier qualifié. Au Québec, c’est l’Autorité des marchés financiers (AMF) qui encadre le secteur financier. Ailleurs au pays, c’est l’Organisme canadien de réglementation des investissements (OCRI).